Les bénéfices d’une vie vécue avec du sens

Côté face, on perçoit le « sens de la vie » comme une idée philosophique abstraite et insaisissable. Côté pile, il pourrait bien être l’un des ingrédients essentiels d’une vie plus longue et en meilleure santé.
Bonjour Sophy
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Okinawa, Japon. Une île du bout du monde où l’on vit bien et longtemps, très longtemps. Une oasis tropicale, sans stress, qui compte trois fois plus de centenaires qu’ailleurs dans le monde. La longévité des Okinawaïens s’explique certainement par leur mode de vie particulier. Une alimentation traditionnellement équilibrée, une activité physique régulière à tous les âges, le sens de l’entraide, du collectif, et enfin, sur le plan spirituel, une conception claire de leur ikigai, littéralement, de leur “raison de vivre”. 

Cet ikigai peut résider dans des activités ou des accomplissements divers : dans le temps passé avec ses enfants et petits-enfants, dans la poursuite du plus haut niveau culinaire, dans l’appréciation des “petites choses” du quotidien, ou encore dans le fait de pouvoir enseigner les arts martiaux le plus longtemps possible.

La question “pourquoi je vis ?” peut sembler vertigineuse. Mais ceux qui, à l’instar des Okinawaïens, détiennent une réponse en leur for intérieur pourraient aussi détenir la clé d’une existence en meilleure santé physique et mentale. C’est ce que suggèrent de nombreuses études scientifiques conduites ces dernières années.

La question

« pourquoi je vis »

peut sembler vertigineuse.

Plus de sens, moins de maladies physiques et mentales

En 2016, le cardiologue Randy Cohen et ses collègues ont noté que plus le sentiment que sa vie a un sens, un but, était élevé, plus le risque de mourir d’une maladie cardiovasculaire diminuait. Durant sept ans, ils ont collecté les données de santé de plus de 130 000 personnes âgées. Résultat, chez les personnes dont le sentiment de sens était particulièrement élevé, le taux de mortalité s’est avéré inférieur de 20 %[1].

Avoir une raison de vivre pourrait même protéger notre cerveau de certaines maladies neuro-dégénératives. Une étude de la neuropsychologue Patricia Boyle[2] l’a révélé : les personnes qui estiment que leur vie a un sens jouissent d’un moindre risque de développer la maladie d’Alzheimer. Sur 900 personnes, âgées de 80 ans au début de l’étude, et suivies pendant sept ans, l’équipe de Boyle a observé que les personnes ayant un fort sentiment de sens contractaient 2,4 fois moins la maladie que les autres.

Avoir une raison de vivre pourrait protéger notre cerveau de certaines maladies.

Une qualité de vie en tous points améliorée

Vivre plus longtemps, c’est bien, mais vivre plus longtemps avec une qualité de vie préservée, c’est mieux. Le psychologue Éric Kim et son équipe ont rapporté une meilleure qualité de sommeil chez les adultes déclarant ressentir le sens de leur vie. Chaque point supplémentaire sur l’échelle de sentiment de sens correspondait à une réduction de 16 % des troubles du sommeil[3].






Exemples de questions qui permettent de mesurer le “sentiment que sa vie a un sens”[4]

  1. J’ai une idée de ce que j’essaie d’accomplir dans la vie. 
  2. Mes activités quotidiennes ont du sens et de l’importance.
  3. J’aime faire des plans pour le futur et travailler à les réaliser.
  4. Il y a des gens qui errent sans but dans la vie, mais je ne suis pas l’un d’eux.
  5. Je pense que ma vie aura compté pour quelque chose.

L’individu doit indiquer son degré d’accord avec chaque affirmation sur une échelle de 1 à 5.


Par ailleurs, plusieurs études ont rapporté que les personnes dotées d’un fort sentiment de sens ont tendance à mieux prendre soin d’elles-mêmes. Proactives quant à leur propre santé, elles consultent plus régulièrement, font de l’exercice physique[5], évitent les comportements à risques liés à l’alcool[6] et à la drogue[7] et usent globalement mieux du système de santé[8].







Résilience émotionnelle et estime de soi plus robuste

Enfin, trouver du sens dans sa vie permettrait d’être plus résilient, de mieux appréhender et supporter les épreuves[9]. La résistance au stress serait meilleure, notamment dans la capacité à évacuer rapidement les effets négatifs d’une situation anxiogène[10]. L’estime de soi serait elle aussi renforcée.

Par exemple, une étude menée en 2016 par deux chercheurs en psychologie sociale de l’université de Cornell[11] a révélé que, sur les réseaux sociaux, l’estime de soi des individus ayant un faible sentiment de sens variait selon le nombre de likes reçus sur leur photo de profil. À l’inverse, l’estime de soi des individus dotés d’un fort sentiment de sens n’était pas affectée par le nombre de likes. Ainsi, le sens jouerait un rôle clé dans la construction et le renforcement de notre équilibre émotionnel.

Le sens jouerait un rôle clé dans le renforcement de notre équilibre émotionnel.

Au fond, ne faudrait-il pas emboîter le pas de nos aïeux de l’île d’Okinawa ? Reprendre son souffle, faire un pas de côté, porter le regard vers soi-même et prendre le temps de comprendre ses valeurs, ses priorités. Puis, s’engager au service de celles-ci, ce qui implique bien souvent de s’ouvrir au monde et de renforcer ses liens avec les autres.

La question « pourquoi je vis ? » attend une réponse. Peu importe l’âge que l’on a, le bien-être et la santé pourraient bien y gagner.




1

Cohen, R., Bavishi, C., & Rozanski, A. (2016). Purpose in Life and Its Relationship to All-Cause Mortality and Cardiovascular Events: A Meta-Analysis. Psychosomatic Medicine, 78(2), 122–133. https://doi.org/10.1097/PSY.0000000000000274

2

Boyle, P.A., Buchman, A. S., Barnes, L. L., & Bennett, D. A. (2010). Effect of a Purpose in Life on Risk of Incident Alzheimer Disease and Mild Cognitive Impairment in Community-Dwelling Older Persons. Archives of General Psychiatry, 67(3), 304. https://doi.org/10.1001/archgenpsychiatry.2009.208

3

Kim, E. S., Hershner, S. D., & Strecher, V. J. (2015). Purpose in life and incidence of sleep disturbances. Journal of Behavioral Medicine, 38(3), 590–597. https://doi.org/10.1007/s10865-015-9635-4

4

Ces items sont extraits de l’échelle du bien-être de Carol Ryff. Pour garantir une meilleure compréhension, la formulation des affirmations 1,2 et 5 de cette liste a été inversée par rapport à la formulation originale (négative). Ryff, C. D., & Keyes, C. L. M. (1995). The structure of psychological well-being revisited. Journal of Personality and Social Psychology, 69(4), 719–727. https://doi.org/10.1037/0022-3514.69.4.719

5

Hooker, S. A., & Masters, K. S. (2014). Purpose in life is associaed with physical activity measured by accelerometer: Journal of Health Psychology. https://doi.org/10.1177/1359105314542822

6

Roos, C. R., Kirouac, M., Pearson, M. R., Fink, B. C., & Witkiewitz, K. (2015). Examining Temptation to Drink from an Existential Perspective: Associations among Temptation, Purpose in Life, and Drinking Outcomes. Psychology of Addictive Behaviors : Journal of the Society of Psychologists in Addictive Behaviors, 29(3), 716–724. https://doi.org/10.1037/adb0000063

7

Nicholson, T., Higgins, W., Turner, P., James, S., Stickle, F., & Pruitt, T. (1994). The Relation Between Meaning in Life and the Occurrence of Drug Abuse: A Retrospective Study. Psychology of Addictive Behaviors, 8(1), 24–28. https://doi.org/10.1037/0893-164X.8.1.24

8

Kim, E. S., Strecher, V. J., & Ryff, C. D. (2014). Purpose in life and use of preventive health care services. Proceedings of the National Academy of Sciences, 111(46), 16331–16336. https://doi.org/10.1073/pnas.1414826111

9

Schaefer, S. M., Morozink Boylan, J., van Reekum, C. M., Lapate, R. C., Norris, C. J., Ryff, C. D., & Davidson, R. J. (2013). Purpose in Life Predicts Better Emotional Recovery from Negative Stimuli. PLoS ONE, 8(11), e80329. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0080329

10

Fogelman, N., & Canli, T. (2015). ‘Purpose in Life’ as a psychosocial resource in healthy aging: An examination of cortisol baseline levels and response to the Trier Social Stress Test. Npj Aging and Mechanisms of Disease, 1(1), 1–3. https://doi.org/10.1038/npjamd.2015.6

11

Burrow, A. L., & Rainone, N. (2017). How many likes did I get?: Purpose moderates links between positive social media feedback and self-esteem. Journal of Experimental Social Psychology, 69, 232–236. https://doi.org/10.1016/j.jesp.2016.09.005

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